Vidéo : la fibrillation atriale expliquée par le Dr Charlène Coquard, rythmologue à l’ICPS.
La fibrillation atriale (FA), aussi appelée fibrillation auriculaire ou arythmie complète par fibrillation auriculaire (ACFA), est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. En France, plus de 2 millions de personnes ont une fibrillation atriale ou un flutter atrial identifié dans les données de l’Assurance maladie[1], et leur nombre augmente avec l’âge de la population.
Elle n’est généralement pas immédiatement dangereuse, mais elle expose à deux complications principales : l’AVC et l’insuffisance cardiaque. Bien diagnostiquée et bien traitée, elle permet le plus souvent de mener une vie normale.
À l’Institut Cardiovasculaire Paris Sud (ICPS), à l’Hôpital privé Jacques Cartier de Massy, l’équipe de rythmologie prend en charge la fibrillation atriale du diagnostic jusqu’au traitement, y compris l’ablation par électroporation.
Fibrillation atriale ou fibrillation auriculaire : quelle différence ?
Aucune : c’est la même maladie. « Atriale » vient d’atrium, le nom anatomique international de l’oreillette ; c’est le terme retenu par les recommandations européennes[2]. « Auriculaire » est l’appellation historique (l’oreillette était autrefois appelée « auricule », mot qui ne désigne plus aujourd’hui que son petit prolongement, l’auricule gauche). Les deux termes restent employés, ainsi que les abréviations FA et ACFA que vous lirez sur vos comptes rendus.
Que se passe-t-il dans le cœur ?
Normalement, chaque battement naît dans le nœud sinusal, situé dans l’oreillette droite : c’est le rythme sinusal, régulier. Dans la fibrillation atriale, l’activité électrique des oreillettes devient très rapide et anarchique (350 à 600 décharges par minute). Les oreillettes ne se contractent plus efficacement et les ventricules battent de façon irrégulière, souvent trop vite.
Les crises sont le plus souvent déclenchées par des foyers électriques situés à l’abouchement des veines pulmonaires dans l’oreillette gauche : c’est la cible de l’ablation.

Quels sont les symptômes de la fibrillation auriculaire ?
- Palpitations : cœur qui bat vite et de façon irrégulière (symptôme le plus fréquent)
- Essoufflement et baisse de la tolérance à l’effort
- Fatigue inhabituelle
- Gêne ou douleur thoracique
Chez de nombreux patients, la FA est silencieuse : elle est découverte par hasard sur un ECG, lors d’une prise de pouls ou grâce à une montre connectée. L’absence de symptômes ne supprime pas le risque d’AVC. Une perte de connaissance est inhabituelle dans la FA et doit faire consulter rapidement. Voir aussi : palpitations, quand faut-il s’inquiéter ?
Appelez le 15 en cas de signes d’AVC (bouche déformée, faiblesse ou engourdissement d’un bras ou d’une jambe, trouble de la parole), de douleur thoracique intense, d’essoufflement important ou de malaise.
Paroxystique, persistante, permanente : les formes de fibrillation atriale
- FA paroxystique : la crise s’arrête spontanément ou après traitement en moins de 7 jours, souvent en quelques heures.
- FA persistante : l’arythmie dure plus de 7 jours sans s’arrêter d’elle-même.
- FA permanente : le patient et son cardiologue décident ensemble de ne plus chercher à rétablir le rythme normal ; le traitement vise alors à contrôler la fréquence cardiaque et à prévenir l’AVC.
La maladie tend à progresser d’une forme à l’autre, surtout si les facteurs favorisants ne sont pas corrigés. Cette évolution n’est pas inéluctable : leur prise en charge et, chez certains patients, l’ablation permettent de la ralentir[2].
Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose toujours sur un enregistrement ECG montrant l’arythmie[2] :
- électrocardiogramme (ECG) réalisé pendant une crise ;
- Holter ECG de 24 heures à plusieurs jours si les crises sont intermittentes ;
- Holter implantable lorsque les symptômes sont rares ;
- tracé d’une montre connectée, à faire relire par un médecin.
Le bilan comprend ensuite une échographie cardiaque, une prise de sang (fonction rénale, thyroïde notamment) et la recherche des facteurs favorisants, en particulier l’apnée du sommeil[2].
Quels sont les risques de la fibrillation auriculaire ?
- AVC : le sang stagne dans l’oreillette gauche, surtout dans l’auricule gauche, et peut y former un caillot (thrombus) qui migre vers le cerveau.
- Insuffisance cardiaque : un rythme rapide et irrégulier prolongé peut affaiblir le muscle cardiaque.
- Qualité de vie altérée : fatigue, essoufflement, anxiété liée aux crises.
Le risque d’AVC ne dépend pas du type de FA : une FA paroxystique peu symptomatique justifie la même évaluation qu’une FA permanente[2].
Traitement de la fibrillation atriale : l’approche AF-CARE
Les recommandations européennes de 2024 organisent la prise en charge en quatre piliers, résumés par l’acronyme AF-CARE[2].
C : corriger les facteurs favorisants
C’est la base du traitement, quelle que soit la suite : contrôle de la tension artérielle, perte de poids en cas de surpoids, réduction de l’alcool, équilibre du diabète, traitement de l’apnée du sommeil, activité physique régulière et adaptée. Ces mesures réduisent les récidives et améliorent les résultats de l’ablation[2]. Chez les buveurs réguliers, l’arrêt de l’alcool diminue à lui seul les récidives de FA[3].
A : prévenir l’AVC grâce aux anticoagulants
Le risque d’AVC est évalué par le score CHA₂DS₂-VA (insuffisance cardiaque, hypertension, âge, diabète, antécédent d’AVC ou d’embolie, maladie vasculaire). Un anticoagulant est recommandé à partir de 2 points et à discuter à 1 point. Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont privilégiés, sauf en cas de valve mécanique ou de rétrécissement mitral significatif[2].
Le traitement anticoagulant réduit d’environ deux tiers le risque d’AVC[4], et les AOD entraînent environ deux fois moins d’hémorragies cérébrales que les antivitamines K[5]. Point important : la décision dépend des facteurs de risque, pas du rythme. Même après une ablation réussie, l’anticoagulant est en général poursuivi si le score le justifie[2]. Lorsqu’un anticoagulant au long cours est impossible (saignement grave par exemple), une fermeture de l’auricule gauche peut être discutée.
R : réduire les symptômes (fréquence et rythme)
- Ralentir le cœur (bêtabloquants, certains inhibiteurs calciques, digoxine) pour soulager les symptômes pendant les crises ou en FA permanente.
- Rétablir et maintenir le rythme normal : médicaments antiarythmiques, choc électrique externe (cardioversion) et ablation.
Chez les patients dont la FA a été diagnostiquée depuis moins d’un an et qui ont des maladies ou facteurs de risque cardiovasculaires, une stratégie précoce de contrôle du rythme réduit les complications cardiovasculaires (décès cardiovasculaire, AVC, hospitalisation)[6].
L’ablation de la fibrillation atriale
L’ablation consiste à isoler électriquement les veines pulmonaires à l’aide d’un cathéter introduit par la veine fémorale, au pli de l’aine. Elle est plus efficace que les médicaments antiarythmiques pour prévenir les récidives[7] et peut désormais être proposée en première intention à certains patients ayant une FA paroxystique, après une décision partagée avec le rythmologue[2]. Chez des patients insuffisants cardiaques sélectionnés, elle améliore aussi le pronostic[8].
L’électroporation (ablation par champ pulsé) utilise des impulsions électriques très brèves au lieu de la chaleur ou du froid ; dans la FA paroxystique, son efficacité et sa sécurité sont comparables à celles de la radiofréquence et de la cryoablation[9].
En savoir plus : l’ablation de la fibrillation atriale à l’ICPS et comment préparer votre intervention.
E : évaluer et réévaluer régulièrement
La fibrillation atriale évolue avec l’âge et les maladies associées : anticoagulant, stratégie de rythme et facteurs de risque sont réévalués à chaque consultation[2].
Vivre avec une fibrillation auriculaire
Espérance de vie
La fibrillation atriale est associée à une surmortalité[10]. Le pronostic dépend avant tout de la prévention de l’AVC et de la prise en charge des maladies associées (hypertension, insuffisance cardiaque, diabète). Le traitement anticoagulant réduit la mortalité d’environ un quart[4]. Bien suivie, une FA permet le plus souvent de mener une vie normale.
Sport et activité physique
L’activité physique régulière et modérée est recommandée : elle fait partie du traitement[2][11]. Deux précautions : sous anticoagulant, les sports de contact ou à risque de traumatisme (sports de combat, rugby…) sont déconseillés[11] ; chez les sportifs d’endurance intensive, l’entraînement peut devoir être adapté. Parlez-en avec votre cardiologue.
Un traitement à vie ?
L’anticoagulant est poursuivi tant que le risque d’AVC le justifie. Les antiarythmiques, eux, peuvent souvent être arrêtés après une ablation réussie. La FA reste une maladie chronique : un suivi cardiologique régulier est nécessaire.
Prise en charge de la fibrillation atriale à l’ICPS (Massy, Paris Sud)
L’Institut Cardiovasculaire Paris Sud, à l’Hôpital privé Jacques Cartier de Massy, est un centre de rythmologie interventionnelle de référence en Île-de-France, régulièrement classé parmi les meilleurs centres d’ablation. L’équipe assure le bilan, le choix du traitement et les interventions : ablation (dont l’électroporation), cardioversion, fermeture de l’auricule gauche.
Consultations de rythmologie à Massy, Paris 14e et Vincennes. Prendre rendez-vous.
Vidéo : Dr Charlène Coquard, rythmologue (ICPS). Rédaction et relecture médicale : Dr François Bouvier, cardiologue-rythmologue (ICPS, Hôpital privé Jacques Cartier, Massy). Mise à jour : novembre 2026, d’après les recommandations européennes 2024 sur la fibrillation atriale.


